Les maladies génétiques

La GSDIV

Cette maladie, spécifique au chat norvégien, provoque la mort brutale des chatons. Ces morts ont déconcerté les éleveurs pendant plusieurs années. Au début des années 1990, la maladie est identifiée, et des décès brutaux et incompréhensibles dans les portées s’expliquent enfin. La plupart du temps, le chaton meurt à la naissance ou peu après car il est incapable de produire suffisamment de glucose qui lui est pourtant nécessaire aux premières heures de la vie. Plus rarement, le chaton peut vivre normalement jusqu’à 5 mois, mais la maladie conduit inexorablement à une dégénérescence neuromusculaire, à une atrophie musculaire généralisée, à une défaillance cardiaque et à la mort de l’animal avant 15 mois.

Tous les chats malades mourant de la GSDIV, le danger pour les éleveurs réside dans le mariage entre deux “porteurs sains”, c’est à dire deux animaux qui peuvent transmettre la maladie mais qui n’en souffrent pas du tout et n’en présentent aucun symptôme. En France, la première campagne de dépistage a montré qu’un peu moins de 10% des chats norvégiens étaient porteurs sains de la maladie.

Heureusement pour les amoureux du chat norvégien, un test génétique a été mis au point. Disponible en Europe à partir de 2007, il a permis de faire très fortement reculer la maladie: il a suffi aux éleveurs de sélectionner les chats non-porteurs de la maladie pour que la GSDIV recule au fil des générations.
Une maladie relativement “simple” à circonscrire, donc.

Un chat dont les antécédents sont sains sera lui-même indemne de GSDIV. Il peut être né de deux parents testés indemnes, ou de quatre grands-parents indemnes, etc. Pour l’acheteur d’un chaton, il s’agit donc de demander les tests GSDIV des ancêtres du chaton pour s’assurer qu’il ne sera pas lui-même concerné par la maladie.

Attention! Tant qu’il n’est pas destiné à la reproduction, il n’y a pas de contre-indication à l’achat d’un chaton “porteur sain”. Il vivra sa vie en aussi bonne santé que n’importe quel autre chat norvégien. Il est simplement important de le stériliser pour éviter de répandre la maladie. L’éleveur proposera d’ailleurs peut-être lui-même de vendre le chaton stérilisé. Sur le site de l’AID Skogkatt, le vétérinaire Marc Peterschmitt recommande: “Si le chaton que vous accueillez est porteur et non stérilisé, jouez le jeu et faites le stériliser, il sera beaucoup plus heureux. L’élevage n’est pas un jeu! Pour protéger la race Norvégienne et la garder saine, nous devons tous œuvrer dans le sens d’une éradication de la tare.”

La HCM

La HCM, pour myocardie hypertrophique, est un problème lié au muscle cardiaque, présent chez de nombreux chats, qu’ils soient ou non des chats de race, chez d’autres animaux et même chez l’homme. La paroi du ventricule gauche s’épaissit, et sa rigidité empêche les cavités cardiaques de se remplir normalement de sang. Le chat peut décéder brutalement d’un arrêt cardiaque, à n’importe quel âge, sans n’avoir montré aucun symptôme particulier auparavant. Pour les formes les plus bénignes, des traitements permettent de ralentir la maladie, qui reste toutefois incurable.

Rien n’indique pour l’instant que le norvégien soit actuellement plus concerné que d’autres races par cette maladie, mais sa présence est attestée. Et, chez le norvégien, la HCM est plus souvent héréditaire qu’accidentelle. Hélas, aucun test génétique ne permet à l’heure actuelle de déterminer si un chat norvégien est ou non concerné par cette maladie. Et cette affection peut ne se manifester qu’après de nombreuses années. Un chat peut donc être “testé” indemne pendant plusieurs années…. et être détecté comme positif à un certain âge. “Un examen isolé ne garantit en aucune manière que le chat ne développera pas la maladie dans le futur”, souligne le docteur Amberger,  spécialiste des échographies, sur son site Internet.

Pour les éleveurs, il faut donc procéder par échocardiographies régulières, à partir de 18 mois et ce jusqu’à la fin de la vie du chat. Le diagnostic n’est pas toujours évident à établir pour plusieurs raisons – par exemple, toute maladie épaississant les parois du cœur n’est pas forcément une HCM héréditaire…

Il reste donc un long travail à fournir pour comprendre les tenants et les aboutissants de cette maladie qui est une sorte d’adversaire invisible pour les amoureux des norvégiens.

Au fur et à mesure des tests et des portées des chats, les éleveurs ont du recul sur leurs lignées et identifient les reproducteurs problématiques. De leur côté, les vétérinaires chercheurs travaillent pour en comprendre le comportement – des avancées qui ne peuvent se faire que grâce aux résultats fournis par les éleveurs. Parmi les initiatives, le programme international de santé Pawpeds, qui réunit les résultats de vétérinaires de nombreux pays, agrées pour les tests HCM, en termes de matériel et de compétences. L’école vétérinaire d’Alfort a également son programme d’étude de l’HCM, pour travailler à l’élaboration d’un test génétique, qui faciliterait grandement le travail de lutte contre cette maladie, à l’image de ce qui se fait par exemple chez le Maine Coon. Le gourpe du Dr.Meurs travaille également sur des recherches ADN pour traquer l’HCM, notamment en collaboration avec Pawpeds. Mais les recherches sont difficiles et aucun éleveur ne peut donc pour le moment se prévaloir d’avoir des ‘lignées saines’.

“Cette maladie génétique peut concerner pas moins de 10 gènes différents, de structure moléculaire très compliquée à étudier. Ce type de recherche s’apparente à du génie génétique, au même titre que les recherches onéreuses sur les maladies orphelines de l’homme dont on parle beaucoup dans le cadre du Téléthon. En attendant le développement d’un test génétique pour collecter des données, le suivi échographique est le seul moyen de faire avancer les connaissances sur cette maladie chez le Norvégien, le chat et chez l’homme”, détaille le site de l’AID Skogkatt.

Pour le particulier qui souhaite acheter un chaton, il est intéressant de se renseigner sur les tests déjà réalisés sur les ancêtres, les frères et sœurs, etc. Même s’il est difficile d’établir des vérités absolues en matière d’HCM, un suivi global et régulier des tests des lignées est un bon indicateur.

La PK Def (Déficience en Pyruvate Kinase)

Qu’est-ce que la Pyruvate Kinase?

La Pyruvate Kinase (PK) est une enzyme essentielle à la voie de la production d’énergie dans les érythrocytes (globules rouges). Si les érythrocytes sont déficients en PK ils ne parviennent plus à maintenir le métabolisme des cellules normales et, par conséquent, sont détruits prématurément. Cette carence se manifeste comme une anémie hémolytique de gravité variable.

La déficience en Pyruvate Kinase :

La déficience en PK a été décrite chez les chats de race Abyssin et Somali. La maladie féline diffère de la maladie canine par le fait que les chats touchés ont une durée de vie normale, ne présentent une anémie que de façon intermittente, et ne semblent pas développer ni ostéosclérose ni insuffisance hépatique.

Les signes cliniques de la maladie reflètent l’état anémique de l’animal et comprennent une intolérance à l’exercice physique, une faiblesse généralisée, un souffle cardiaque et une splénomégalie (augmentation du volume de la rate).

Comme pour le GSDIV, un chat porteur sain n’est pas et ne sera jamais malade. En revanche, s’il est marié à un autre chat porteur sain également ou malade cela donnera des chatons malades (peut-être pas toute la portée mais une partie des chatons le serait). Ainsi, un chaton issu d’un parent porteur sain ou lui-même l’étant ne sera destiné à l’élevage et devra être stériliser. Après sa vie sera celle d’un chat comme les autres.